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lundi 20 octobre 2014

C'est Lundi, que lisez-vous ? #81

Rendez-vous qui consiste à faire le point chaque Lundi sur ses lectures de la semaine passée, ses lectures présentes et ses lectures pour le reste de la semaine. Les liens sont compilés sur le blog de Galleane chaque semaine. 

Une petite semaine... mais Jeu Mortel à Echo Bay faisait quand même plus de 500 pages.
L'école des Mauvais Méchants : Je me suis ennuyée tout au long du roman et je regrette vraiment de m'y être lancée. Je l'ai terminé car il est plutôt court mais n'y ai trouvé absolument aucun intérêt. Quand je vois tous les avis positifs j'ai l'impression de ne pas avoir lu le même roman...
Jeu Mortel à Echo Bay : J'ai adoré. Malgré que le roman soit très long je n'ai vraiment pas vu le temps passer et j'étais à fond dans l'histoire dès le début. Décidément j'apprécie beaucoup les romans de ce genre :) 

Je suis à la moitié de Pawn et si ce n'est pas la folie j'apprécie quand même pas mal. Cela se lit avec plaisir et comme c'est un premier tome j'attend encore qu'on entre vraiment dans l'intrigue pure.

Puisque je suis en retard sur mon prévisionnel du mois il est temps de mettre le turbo. Je vais donc essayer de lire Oniria, Illusions of Fate, et Le Pays des Contes #3.

Rappel des articles postés : 
[Chronique] Boys Out !
[Chronique Film] One For the Money
[Challenge] God save the book

Articles à venir : 
Chroniques Livres : Don't Look Back & Burn for Burn & La Danse des Ombres & Sweet Filthy Boy & Imposteur & Jeu Mortel à Echo Bay


Blabla perso : 
Samedi mon amie Lysiane et moi nous sommes rendues au salon du livre de Morières-lès-Avignons dans le Vaucluse. Contrairement à l'an dernier il n'y avait aucun auteur des éditions Rebelles donc nous nous sommes totalement vengées sur le stand du Chat Noir qui était encore une fois au rendez-vous. On a passé plus d'une heure à y papoter avec les auteurs et c'était vraiment sympa de pouvoir échanger directement avec eux. On a peut-être pas moins d'auteurs qui viennent, contrairement à Paris où y'a toujours un peu tout le monde, mais au moins ça ne se fait pas à la chaîne. Donc merci aux éditions du Chat Noir et à leurs auteurs pour leur gentillesse et disponibilité !
Le soir venu la journée s'est continué puisqu'on s'est rendues au cinéma voir Le Labyrinthe. Gros succès pour le film dans notre petit cinéma puisque la salle était quasiment pleine. J'ai énormément apprécié cette adaptation en tout cas et j'en reparlerais certainement dans une chronique ciné. En tout cas j'ai hâte de voir le deux maintenant ! (Et je suis toujours un peu amoureuse de Dylan O'Brien mais ça c'est pas nouveau ;) )

Où me trouver : 

samedi 18 octobre 2014

Boys Out !

Éditeur : Hachette Jeunesse, Collection Black Moon. 320 pages - 16€

Depuis l’Éradication, le monde est gouverné par les femmes et pour les femmes uniquement. Les hommes n’ont plus le droit de cité. Tous sont bannis, ou bien traqués et placés en détention pour assurer leur seule fonction : la reproduction. Ensuite, systématiquement, ils sont éliminés. Comme toutes les jeunes filles de son âge, Lyra s’entraîne dur pour être capable d’affronter et de maîtriser les mâles qui rôdent encore. Jusqu’au jour où elle doit rencontrer un homme pour procréer à son tour…

Après Salmacis, lauréat du tremplin organisé par Black Moon, c'est donc au tour de Boys Out ! de sortir en librairie. Ce dernier a vraisemblablement su bien tirer son épingle du jeu puisqu'il a été désigné "Prix des internautes" lors du tremplin et ce n'est pas dur à imaginer lorsqu'on lit le résumé. En effet il est impossible de ne pas être interpellé par l'univers que les quelques lignes en quatrième de couverture nous font entrevoir ! Sans compter que cette conception de féminisme extrême colle plutôt pas mal à l'actualité, là où le féminisme est trop souvent réduit à des propos radicaux alors que pourtant de superbes discours comme celui d'Emma Watson mériteraient d'être mis plus en lumière. Ainsi, de son résumé intriguant à sa couverture qui attire l’œil, Boys Out ! a tout pour retenir notre intérêt... Mais est-ce à juste titre ?

Personnellement je dois avouer être passée par plusieurs stades et émotions, parfois contradictoires, au fil de cette lecture. En premier lieu j'ai été fascinée par le postulat de départ de cette dystopie. J'ai avidement découvert la façon dont l'auteure a choisi de nous montrer cette société féministe à l'extrême. Je me suis régalée de chaque détail et de chaque élément qui nous est offert et j'aurais même apprécié en savoir encore plus... Car au final les fondations de cet univers m'ont parues un peu fragiles et bancales. En effet le contexte politique m'a donné la sensation d'être un peu faiblard et j'ai eu de ce fait un peu de mal à réellement mettre en perspective le viabilité d'une telle société. Si l'idée de base est donc très bonne elle aurait certainement gagné, à mon sens, d'être un peu plus développée et approfondie. Nous sommes intrigués par l'univers mais également interpellés par certaines failles qui se dégagent de manières assez évidentes. J'aurais peut être été convaincue de manière plus ferme si les faiblesses avaient été, à défaut d'être anticipées, assumées. Ainsi ma fascination pour cet univers s'est donc vite transformée en interrogation un brin dubitative sur les bases que propose Boys Out !.

Malheureusement ce voyage entre deux stades contradictoires s'est également étendu aux personnages. J'ai tout d'abord appréciée Lyra, l’héroïne, qui m'a parue assez attachante et intrigante par son endoctrinement et son suivi aveugle des préceptes dans lesquels elle a été élevée. Il est une fois de plus fascinant de constater le décalage avec notre société. Néanmoins, et c'est bien dommage, ma fascination s'est rapidement dégradée suite à sa rencontre avec Loan. La prise de conscience entraînée par cette relation est bien trop facile et rapide au point que l'évolution de Lyra en devient presque contre nature. D'autant plus qu'il est totalement impossible de se passionner pour la pseudo romance entre les deux personnages et que le personnage de Loan ne peut nous être sympathique puisqu'il va contre tout ce qui est acceptable pour nous.

Je dois d'ailleurs dire que j'ai été été très choquée lorsque j'ai lu d'autres chroniques et constaté que personne n'avait semble-t-il relevé l'évocation du viol, un élément clé du raisonnement que l'auteure souhaite semble-t-il provoquer chez le lecteur. Personnellement je trouve que c'est l'élément le plus fort et parlant que Rawia Arroum a intégré à son récit afin de nous exposer tangiblement les dérives de sa société imaginaire, et j'ai encore du mal à croire que la plupart des gens ont survolé cela en continuant à suivre l'évolution de la romance d'un œil attendri. Pour le coup ça fait penser qu'une société où il se passe tant d'horreurs sans que personne n'y trouve à redire pourrait réellement exister et ça fait clairement flipper !

Cet aparté fait, et encore je pourrais disserter sur le sujet pendant des heures si je n'avais pas peur de vous spoiler, je pense qu'il faut souligner qu'un des autres points positifs du roman réside dans l'écriture de l'auteure. Si elle est sans fioritures elle a eu moins le mérite d'être agréable et entraînante à lire. On évolue avec beaucoup de facilité dans le récit et on ne voit vraiment pas le temps passer, malgré les questionnements que le roman suscite on reste donc vraiment dans une lecture 100% plaisir.

Ainsi en ce qui me concerne c'est une mention d'encouragement que j'adresse à Boys Out !. Si l'idée de base est très prometteuse et que la fin du roman nous laisse pleins d'espoirs sur une suite éventuelle, je reste un peu dubitative sur les bases du récit. J'aimerais encore plus d'approfondissement, des personnages mieux développés pour lesquels on peut se passionner, et surtout des positions encore plus assumées. Je ne bouderais donc pas mon plaisir pour lire un second tome, mais ne le range pas pour autant dans la liste des suites que je souhaite à tout prix lire.

Note : ★★★☆☆ (3.75)

Merci à Matéïa et aux éditions Hachette pour cet envoi. 

lundi 13 octobre 2014

C'est Lundi, que lisez-vous ? #80

Rendez-vous qui consiste à faire le point chaque Lundi sur ses lectures de la semaine passée, ses lectures présentes et ses lectures pour le reste de la semaine. Les liens sont compilés sur le blog de Galleane chaque semaine. 

J'ai lu mes lectures prévues ! *danse de la fougère heureuse*
Imposteur : J'ai adoré ! Malgré que cela reste un peu léger, car pas réellement approfondi, le concept est génial et entraînant. L'écriture de l'auteure termine de nous rendre accro et on englouti l'ensemble du roman en quelques heures à peine.
Boys Out ! : Si l'idée de base m'a beaucoup plu, je garde un sentiment un peu mitigé sur l'ensemble qui aurait mérité des bases encore plus solides à mon sens. Néanmoins j'ai beaucoup apprécié les questionnements de notre propre société que l'auteure a glissé dans son récit, malgré que je reste grandement perturbée que beaucoup de lecteurs n'aient semble-t-il pas relevé. J'en parlerais plus en détail dans ma chronique qui arrivera dans la semaine.
Amulet, Volume 3 : J'apprécie beaucoup ce comics et ai réellement hâte de lire la suite. L'histoire est très sympa et les graphismes tops.

Je suis en pleine lecture du tome 1 de L'école des mauvais méchants et je m'ennuie énormément. Le livre est pourtant très court, et écrit tellement gros que même sans lunettes je pourrais le lire (et pourtant je suis myope à l'extrême), mais je n'arrive pas à m'y intéresser.

Les deux livres que j'espère lire cette semaine sont Jeu Mortel à Echo Bay et Pawn. Si j'ai le temps j'en caserais un troisième de ma PAL du mois selon ce qui me donne envie à ce moment.

Rappel des articles postés : 
[Chronique] Throne of Glass & Deep Blue
[Chronique Film] One For the Money
[Challenge] God save the book

Articles à venir : 
Chroniques Livres : Don't Look Back & Burn for Burn & La Danse des Ombres & Sweet Filthy Boy & Imposteur & Boys Out !



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dimanche 12 octobre 2014

La Saga Waterfire - Tome 1 : Deep Blue

Titre original : Waterfire Saga #1 - Deep Blue
Éditeur Français : Hachette Romans. 384 pages - 15.90€

Ensemble, trouvez les talismans 
Qui appartenaient aux six puissants, 
Dissimulés sous des eaux délétères 
Suite au duel entre ténèbres et lumière. 
Venez à nous, par les mers et les rivières, 
Devenez un seul esprit, un seul cœur, à l’unisson 
Avant que les eaux et les créatures qui y prospèrent 
Soient dévastées par Abbadon ! 

Lorsque Serafina, princesse de Miromara, s’éveille au matin de ses fiançailles, sa première préoccupation devrait être de retrouver son promis, le séduisant prince Mahdi. Elle l’aime depuis l’enfance et il l’aime en retour. Enfin, il l’aimait, elle a quelques doutes à présent… Pourtant, ce matin-là, l’esprit de Serafina est surtout accaparé par d’étranges rêves annonçant le retour d’une ancienne malédiction. Ses prémonitions se confirment quand sa mère est touchée d’une flèche empoisonnée, et le chaos semé dans tout le royaume. Guidée par ses cauchemars, Serafina, accompagnée de cinq autres sirènes, se lance dans une quête périlleuse pour venger ses parents et empêcher les communautés sous-marines de s’entredéchirer. Mais elle est encore loin d’imaginer qu’elle vient de plonger dans une vaste conspiration, qui menace son monde… et le nôtre.

 Tu as peur de ne pas réussir à accomplir ce pour quoi tu es née. Cette peur t'angoisse, alors tu essaies de la fuir. Au lieu de l'éviter, tu devrais la laisser s'exprimer et écouter avec attention ce qu'elle essaie de te dire. Elle te donnera de bons conseils. 

Je l'avais déjà évoqué dans ma chronique de Of Poseidon mais les sirènes font parti des créatures fantastiques qui m'intriguent le plus. Je ne sais pas si cela vient du fait que La Petite Sirène était un des rares Disney de princesses que j'appréciais enfant ou tout simplement du mystère qui entoure ces créatures encore très peu exploitées dans la littérature jeunesse et Young Adut. Il y a pourtant énormément de potentiel dans cet univers si méconnu et Deep Blue, premier tome de la saga Waterfire, nous le démontre à merveille !

Tout d'abord Jennifer Donnelly nous propose un univers totalement inédit et innovant autour de ces créatures marines. Ainsi nous découvrons un monde où les eaux internationales sont organisées en divers royaumes, avec tout ce que cela implique en conflits et intrigues politiques (ce que j'adore). Serafina, l'héroine, est une jeune sirle héritière du royaume de Miromara actuellement gouverné par sa mère. Alors que la cérémonie au cours de laquelle elle doit prouver sa légitimité au trône arrive, l'impensable se produit et son royaume est assiégé. Dans la confusion Serafina et sa meilleure amie Neela, membre de la famille royale de Matali, se retrouvent esseulées et traquées par la faute d'une prophétie leur étant apparue en rêves. Les Iele, des sorcières n'étant pourtant a priori que des légendes, les appellent afin de réunir les six élues choisies pour lutter contre Abbadon, le monstre déjà responsable de la destruction de l'Atlantide qui a donné naissance au peuple mer. Les jeunes sirles désemparées par la guerre qui éclate se lancent alors à la recherche des Iele, quitte à ce qu'elles ne soient qu'un chimère, sans se douter qu'un bien sombre destin se profile à l'horizon.

Et il est très facile de plonger à notre tour dans ce périple aux côtés de Serafina. Cette dernière est en effet une héroine très agréable et entrainante. Malgré qu'elle ait du mal à accepter les responsabilité qui pèsent sur ses épaules, en tant que principessa et héritière de Merrow, elle reste déterminée et n'hésite jamais longtemps avant de prendre ses responsabilités lorsque nécessaire. C'est une qualité que j'apprécie tout particulièrement chez un personnage, ainsi que dans la vie de tous les jours pour être franche, et c'est donc toujours un vrai plaisir pour moi de retrouver ces traits de caractère une fois encore. De plus Serafina est une protagoniste très touchante, peut-être car elle n'est pas une super-héroine mais essaie simplement de faire de son mieux en y mettant tout son cœur et sa volonté. Néanmoins il faut souligner que tout au long du roman on reste très proche de Serafina et que de ce fait on est beaucoup plus détachés des autres personnages, Neela y comprit. Malgré que certains passages proposent son point de vue, on garde vraiment ce sentiment de distance opposé à la proximité que nous évoque Serafina. Au final Neela reste la meilleure amie de l'héroine, une amie en or au soutien infaillible, et c'est surtout pour cela qu'on en vient à l'apprécier. Bien sur c'est toujours mieux que pour l'ensemble des autres personnages que l'on rencontre et qui se fait très discret. Au delà de nos deux amies, les autres protagonistes ne font que passer ou arrivent très tard dans le récit et n'ont donc pas l'occasion de nous marquer. Bien sur cela nous laisse pleins de personnages à découvrir par la suite et d'un côté cela peut devenir un vrai point positif. Ce n'est donc pas préjudiciable pour le moment puisque Serafina et Neela suffisent largement à tenir le récit dans ce premier volet.

Au délà de cela, comme je l'ai évoqué, l'univers est très riche ce qui peut de prime abord déstabiliser. Les premiers chapitres nous bombardent d'informations à intégrer et personnellement j'ai été vraiment confuse par leur quantité. Bien heureusement Jennifer Donnelly prend toutes les précautions pour que ce sentiment ne demeure pas bien longtemps, on prend relativement vite nos marques et l'immersion totale ne reste pas bien longtemps un obstacle. De plus si ce premier tome reste globalement très introductif, la quête qui rythmera la saga ne se mettant en place que dans les derniers chapitres, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Les pages se tournent toutes seules alors qu'on nage aux côtés de Serafina à la poursuite de son destin, et sans s'en rendre compte on devient vite accro à cet univers marin si merveilleusement imaginé.

Ainsi Deep Blue est un premier tome totalement réussi qui nous immerge dans un sublime univers à explorer. Les idées de Jennifer Donnelly pour donner vie à son peuple marin sont excellentes et on doit vite se rendre à l'évidence qu'il est bien compliqué de dégager un élément un minimum négatif de cet ensemble qui tient exceptionnellement bien la route... D'autant plus que pour une lecture qui se veut jeunesse les raccourcis un peu faciles qu'on peut habituellement retrouver sont absents et que des thèmes assez sombres sont proposés. Deep Blue est donc une lecture qui captive. Captivée par cet univers, captivée par cette écriture, captivée par ces personnages... je suis à 100% sous le charme. Que vous soyez adeptes d'univers marins ou novices, je ne peux que vous encourager à vous laisser séduire par les sirènes de la saga Waterfire ! 

Note : 

Petit aparté : Puisque je parle souvent de la qualité des objets livres de versions américaines que je possède, je me dois de souligner la qualité de l'objet livre que Hachette nous propose pour ce roman en version française. Le papier est épais, rendant le roman plus lourd et donc plus agréable à tenir que les grands formats habituels, et surtout le soucis du détail est remarquable avec notamment une carte imprimé à l'intérieur de la couverture. Pour le prix moyen d'un grand format habituel on peut dire que cette fois on en a pour notre argent !

Merci à Matéïa et aux éditions Hachette Romans pour cet envoi. 

mercredi 8 octobre 2014

Throne of Glass - Tome 1

(lu en VO)
Titre français : Keleana, L'assassineuse (même si Keleana n'est pas le nom du personnage et que l'assassineuse n'est pas un mot)
Éditeur français : La Martinière Jeunesse

Faites la connaissance de Celaena Sardothien
Belle. Mortelle.
Destinée à de grandes choses.

Dans les sombres, dégoûtantes mines de sel d'Endovier, une fille de dix-huit ans sert une condamnation à vie. Elle est un assassin qualifié, la meilleure du genre, mais a fait une erreur fatale : elle s'est faite attraper.

Le jeune Capitaine Westfall lui offre un deal : sa liberté en échange d'un énorme sacrifice. Celaena doit représenter le prince dans un tournoi jusqu'à la mort, un tournoi qui rassemblera les voleurs et assassins les plus doués des terres. Vivre ou mourir, Celaena sera enfin livre. Gagner ou perdre, elle est sur le point de découvrir sa vrai destinée. Mais son cœur d’assassin fondra-t-il ?
(Traduction perso car le résumé VF est trop niais)


Je pense que je me suis un peu trop laissée influencer par le hype immense que Throne of Glass a suscité sur la blogo, que ce soit la française ou l'anglophone. Tout le monde semble parler de ce roman comme d'une référence de la fantasy Young Adult et j'étais donc prête à m'en recevoir plein les mirettes à la lecture... Sauf que ça n'a pas été le cas. Pas que je n'ai pas aimé, ne commencez pas encore à me faire dire ce que je n'ai pas dit, mais Throne of Glass n'est à mon sens pas à la hauteur de la réputation qui le précède. D'ailleurs, loin de moi l'idée de jouer au jeu des comparaisons, mais malgré le peu de romans du genre que j'ai lu je peux tout de même en citer un supérieur sur tous les points à celui-ci. Qu'il s'agisse de l'univers, de la construction des personnages, ou de l'intrigue, Shadow and Bone est à des années lumières au dessus de Throne of Glass. Et j'imagine que ceux qui lisent beaucoup de fantasy YA n'auront aucun mal à citer des dizaines d'autres titres qui le surpassent là où ça compte. Ce n'est donc pas aujourd'hui encore que je vais m'accorder avec ceux qui disent que la saga de Sarah J. Maas est LA référence à lire (mais, après tout, chacun ses goûts !).

Tout d'abord j'ai été très mitigée en ce qui concerne la construction des personnages importants de ce premier tome. En commençant d'ailleurs par l’héroïne, Celaena. Cette dernière a de belles qualités, elle est notamment forte et déterminée ce qui est un atout non négligeable dans ce genre de lecture, elle se suffit à elle-même, n'a pas besoin qu'un chevalier servant vienne à son secours puisqu'elle pourrait régler son compte au dit chevalier en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire... Néanmoins au-delà de ça son personnage reste assez léger dans le sens où elle n'est clairement pas aussi développée et approfondie qu'elle devrait l'être en tant que protagoniste phare de la saga. Et surtout, et c'est là mon plus gros problème avec Celaena, c'est une Mary-Sue pas tentée ! (FIY : Définition de la Mary-Sue, terme né de la fanfiction) Non seulement la demoiselle est exceptionnellement douée, de loin la meilleure de tous les royaumes alentours, mais en plus elle est incroyablement belle et fait tourner les têtes de tous les mâles qui la croisent... Comment vous dire ?
Bref j'ai trouvé que la construction du personnage était vraiment trop dans l'exagération au point que cela devienne pénible et la déshumanise. Il va vraiment falloir que Sarah J. Maas redresse la barre et mette le paquet sur son héroïne par la suite, au risque qu'elle en devienne vraiment imbuvable dans le cas contraire. Plus d'approfondissement et moins de "Mary-Sueisme" s'il vous plait ! 

Je suis ensuite obligée d'évoquer les quelques autres personnages qui tirent plus ou moins leur épingle du jeu dans ce premier tome. Tout d'abord Nehemia, princesse Eyllwe en visite au château, avec qui Celaena va tisser des liens. J'ai beaucoup aimé ce personnage, qui a clairement plus de secrets qu'elle ne veut nous le laisser croire, et c'est quelqu'un que je retrouverais avec plaisir pas la suite. Il y a pas mal à creuser de ce côté-là et cela mériterait d'être fait. Bien sur, et c'est là que je vais vraiment commencer à râler, les deux personnages que l'on voit le plus souvent, et on aurait pu s'en douter vu la façon réductrice dont le résumé français les évoque, sont le prince héritier Dorian et le capitaine de la Guarde Chaol... deux personnages masculins qui malheureusement semblent se résumer à nous faire entrevoir, de manière plus que lourde, l'insupportable triangle amoureux qui rend tant de romans YA pénibles et que je ne comprendrais jamais.
Très franchement, à la base, je n'avais pas du tout envisagé un seul instant de triangle amoureux plausible incluant ces deux jeunes hommes pour la simple et bonne raison que Chaol représente tout ce que je hais chez un personnage masculin de YA. Oui j'ose le dire, j'ai mal à mon féminisme et j'en ai marre de ces mâles qui se croient plus malins que tout le monde et qui pense que la terre va s'arrêter de tourner si on ne les écoute pas puisqu'ils ont toujours tellement raison contrairement aux demoiselles ! C'est tout ce que je ne peux pas avaler chez un potentiel love interest et dans Throne of Glass l'auteure manque en plus de subtilité pour nous faire intégrer le triangle amoureux qui n'a certainement pas fini d'être pénible. Tout ces imbroglios amoureux à peine cachés manquent cruellement de finesse et font terriblement tâches dans la construction du récit. A sa décharge Celaena essaie de faire front uni avec nous et de se voiler la face en clamant que seule sa liberté lui tient à cœur... Sauf qu'on sent bien qu'on est pas sorti des Feux de l'Amour et que les "je t'aime moi non plus" risquent de nous barber bien longtemps. Et je dis bien ça en précisant que si je déteste Chaol de tout mon être, j'adore Dorian qui est un personnage charismatique, drôle et touchant ! Il n'empêche que je pense sincèrement que ces histoires gnangnans à peine voilées n'ont rien à faire dans Throne of Glass et gâchent vraiment le plaisir d'évoluer dans l'intrigue.

Je dois aussi dire que je suis assez septique sur les six (!) tomes annoncés concernant cette saga. Bien sur que l'univers du roman est intéressant, que malgré des débuts laborieux on fini par se prendre totalement au jeu, et qu'il y a de bonnes promesses de développement concernant les complots royaux et la magie pas si disparue que ça, je me demande honnêtement si cela justifiera tant de volets ? Ce premier tome reste un peu trop en surface, ralenti par la mise en place de l'univers et des personnages, donc il reste compliqué de se faire une idée précise et la viabilité de la saga sera certainement plus claire dans le seconde tome. Mais je m'interroge tout de même, car les sagas à rallonge ne sont malheureusement jamais une grande réussite. J'espère sincèrement que Sarah J. Maas saura moins se disperser par la suite et nous offrira enfin l'intrigue consumante qu'on est en droit d'attendre face à tant de potentiel inexploité. 

Malgré que j'ai beaucoup insisté sur les défauts dans cette chronique, j'ai relativement apprécié ma découverte de Throne of Glass. On se prend plutôt bien au jeu et si l'on passe au-delà des couacs, et de l'exaspération qu'ils suscitent, on ne peut que constater un bon potentiel qui mérite d'être exploité. Ainsi, si je persiste à dire que Throne of Glass ne répond pas aux énormes attentes générées par le buzz qui s'est crée autour du roman, je pense que le matériel est là pour que les suites s'en rapproche beaucoup plus. A voir si l'auteure saura se débarrasser de ces débuts de problèmes qui pourraient devenir vraiment préjudiciables par la suite. A suivre...

Note : ★★★☆☆ (3.75)