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mardi 24 septembre 2013

Hurt

Éditeur Français : Aucun

A dix-sept ans, Mathéo Walsh semble tout avoir pour lui. Il est champion de plongeon et promis aux Jeux Olympiques. Il est la coqueluche du pays, n'a que des A, et vit dans un des quartiers les plus riches de Londres. Il a de supers amis et est envié de tous. Et, plus important encore, il est profondément amoureux de sa petite amie, Lola. Il a toujours été un jeune homme stable et équilibré...

Jusqu'à un certain weekend. Un weekend qu'il ne semble pas pouvoir se rappeler. Tout ce qu'il sait c'est qu'il en est revenu une différente personne. Une personne qui ne sait plus comment s'amuser, ne veut plus passer de temps avec ses amis, ne prend plus de plaisir à plonger. Quelque chose de terrible est arrivé ce weekend. Quelque chose de violent, sanglant et tordu. Il ne sait plus qui il est. Il ne se fait plus confiance autour des autres : tout ce qu'il veut c'est infliger de la souffrance, blesser et détruire. Lentement il commence à rassembler les fragments de mémoire qu'il avait enfoui, et doit faire face au reflet d'un monstre.

Tourmenté, Mathéo se retrouve soudainement au devant du choix le plus dévastateur de son existence. Garder son secret et mettre les personnes autour de lui en terrible danger. Ou confesser, et perdre Lola à jamais...
(Traduction perso.)

Mon avis : 

Slowly, he begins to piece back the buried, fragmented memories, and find himself staring at the reflexion of a monster.

Commençons tout d'abord par un petit warning : Hurt n'est pas un roman à mettre entre toutes les mains. Certains des thèmes abordés sont très durs et Tabitha Suzuma a choisi de ne pas simplement évoquer ou suggérer. Elle décrit. Les sentiments, les émotions, les actes. Tout est dépeint de manière extrêmement juste et pourrait donc heurter certaines personnes trop sensibles. 

Je ne sais pas vraiment comment vous parler de Hurt. Tout simplement car il est toujours compliqué de parler d'un roman sans évoquer son thème principal, et d'autant plus lorsque c'est ce thème qui fait justement du roman ce qu'il est. Peut-être que commencer par parler du style de l'auteure serait une bonne idée. Et si je dois vous parler du style de Tabitha Suzuma, je ne peux qu'utiliser deux mots pour le décrire : positivement sublime. Voilà, c'est dit. Elle décrit les sentiments et les conflits intérieurs de son personnage principal, Mathéo, de manière plus qu'honorable. Il y a une telle vérité et justesse dans ses mots qu'on se prend le tout dans la poire de façon presque violente. Je soulignerais qu'il y a également beaucoup de pudeur dans sa façon d'évoquer le thème compliqué qu'elle a choisi pour son roman.

De plus, grâce à ce style bien particulier en grande partie, on se sent complètement en phase avec Mathéo alors qu'il n'y a pas vraiment de phénomène d'identification qui opère. Lorsque que le héros d'un roman vit des choses aussi singulières que Mathéo il est toujours difficile de créer un lien entre lui et le lecteur. Souvent il y a même une certaine distance qui peut presque gâcher les choses. Le piège est complètement évité dans Hurt. On ne peut pas s'identifier à Mathéo ? D'accord. Mais cela ne nous empêche pourtant pas d'être proche du jeune homme. On ressent tout ces sentiments et ses conflits de manière si forte qu'il devient tantôt comme un frère, un ami, ou même un fils. En plongeant dans ce roman, on plonge dans la tête de Mathéo. Dans ses pensées, ses peurs, ses combats. Et forcément on ne peut pas en sortir indemne. 

Et là, vous allez très certainement me demander pourquoi après toutes ces louanges ce roman n'a recueilli qu'une note de 4.5. Le fait est qu'il y a des détails qui ont fait perdre cette étoile et demi à Hurt. Tout d'abord il y a la première moitié du roman qui est extrêmement lente et laborieuse. Partagée entre "l'avant weekend" et "l'après weekend", il ne s'y passe pas grand chose. Tout ce qui concerne "l'après weekend" est également complètement flou et on ne sait pas vraiment où l'on va. Mathéo lui-même est perdu et puisqu'on est immergé dans ses sentiments, on l'est également. En soit cela n'aurait pas été gênant si il n'y avait pas eu tout cet "avant weekend"  ennuyeux et pas foncièrement utile. Le fait est que ce début lent et la difficulté à se projeter en dehors de Mathéo rendent la première partie compliquée à manœuvrer. Il m'a fallu presque trois jours pour la lire, opposé à un après-midi pour la seconde partie, pour vous dire !

La seconde chose qui m'a gênée, et peut-être même plus que cette première partie incommode, c'est la toute fin. Les tout derniers événement sont mièvres, gnangnan, et ne clôturent pas l'histoire de manière satisfaisante. On termine donc notre lecture sur une mauvaise note et c'est réellement ce manque de développement final qui a fait perdre une étoile au roman en ce qui me concerne. C'est vraiment dommage, d'autant plus qu'on avait eu droit à un vrai moment choquant et surprenant quelques chapitres plus tôt qui m'a laissée complètement vidée émotionnellement. C'est presque des montagnes russes. Le livre atteint son apogée et puis le tout retombe comme un énorme soufflé. Ce livre aurait tellement mérité de se terminer à son summum...

Pour conclure, malgré ses défauts, Hurt est un livre qui mérite d'être connu et lu. Le style de l'auteur en lui seule en fait un vrai petit bijou et le thème abordé, tabou et rarement évoqué, est présenté de façon pudique et merveilleusement juste. Sachez juste que vous allez très certainement souffrir, être pris à la gorge, et ne ressortirez vraiment pas indemnes de cette lecture ! 

Note : ★★★★☆ (4.5)

8 commentaires:

  1. Tout d'abord il y a la première moitié du roman qui est extrêmement lente et laborieuse. > Je suis d'accord avec toi. Arrivée aux alentours de la centième page, j'ai eu peur de commencer à m'ennuyer. Lucky me, le chapitre suivant était le bon.

    Tout ce qui concerne "l'après weekend" est également complètement flou et on ne sait pas vraiment où l'on va. > Vrai aussi, mais j'ai bien aimé ce morceau là, puisque "Mathéo lui-même est perdu".

    tout cet "avant weekend" ennuyeux et pas foncièrement utile > Là, en revanche, après reflexion, j'ai trouvé que c'était nécessaire d'avoir cette grosse partie montrant "Mathéo dans son habitat naturel" - pour mieux voir à quel point sa vie était totalement détruite, et mieux être détruit, nous aussi.

    Les tout derniers événement sont mièvres, gnangnan, et ne clôturent pas l'histoire de manière satisfaisante. > J'approuve.

    complètement vidée émotionnellement > Ma pauvre tartiflette <3 je compatis.

    Ce livre aurait tellement mérité de se terminer à son summum... > Un épilogue n'aurait peut-être pas été nécessaire, maintenant que tu le dis. La fin serait ouverte, extrêmement, même, mais ça aurait été... "chouette".

    Ta chronique est juste, donc je reste enthousiaste :P

    xx <3

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    1. "Mathéo dans son habitat naturel" > Tu m'as tuée !

      Tu vois je pense que si la partie "habitat naturel" avait été plus courte, la partie "floue" aurait été plus agréable. Parce que personnellement j'étais tellement ennuyée par l'avant que le flou de l'après me fatiguait un peu alors que c'était super bien présenté quand même

      Uhuh puisqu'on parle du retournement de situation... tu l'avais vu venir toi ? C'était quand même le summum du facteur choc.

      Je pense que j'ai un faible pour les fins ouvertes. Même si je râle quand y'en a qui le sont trop. (La fille pas chiante)

      xx <3

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    2. Pas du tout!!

      PAS CHIANTE DU TOUT!! :P

      xx <3

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  2. Réponses
    1. Si t'arrives à voir au delà de tous les petits trucs négatifs, il l'est !

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    2. @Méli : tu peux voir au délà des petits trucs négatifs, TOUT COMME MOI

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  3. J'ai vraiment envie de le lire !! :D Mais je reste curieuse... quel est ce tabou qu'il aborde ? J'ai besoin d'un indice, surtout quand tu dis "pourrait donc heurter certaines personnes trop sensibles"... Est-ce que ça a tendance à tirer vers le gore ?

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    1. Je sais pas trop quoi te dire car je ne veux vraiment pas de spoiler. Y'a vraiment toute une partie du roman qui repose sur le fait qu'on ne sait rien de l’événement qui s'est produit. Je dirais pas que c'est gore par contre. Disons que le héros vit un événement difficile, et souvent considéré comme tabou, que l'auteure choisi de décrire. Du coup en effet ça peut déranger certaines personnes j'imagine. Mais y'a rien de particulièrement gore, et tout ce qui peut gêner n'est jamais gratuit et sert vraiment l'histoire.

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❤️