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mardi 26 novembre 2013

Une Part de Ciel

Éditeur : Actes Sud

Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n’est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse…

Dans le gîte qu’elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l’artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n’a rien d’évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d’enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s’écoule, le froid s’installe, la neige arrive… Curtil sera-t-il là pour Noël ?

Mon avis : 

Je ne sais pas pourquoi mais Une part de ciel s'est avéré bien différent de ce à quoi je m'attendais. De ce fait je suis ressortie de cette lecture avec un sentiment étrange, et ce malgré le fait que le roman réponde en bonne partie aux promesses que font le résumé.

Le début de cette lecture est assez compliqué à négocier. En effet, nous suivons Carole alors qu'elle retourne dans le village où elle a grandit et dans lequel elle ne s'est pas rendu depuis bien longtemps. Néanmoins nous devons nous-même nous créer un chemin dans cette vallée, pourtant bien connue de notre héroïne, pour la simple et bonne raison que Carole ne se donne pas réellement la peine de s'attarder sur ce qu'elle sait. Comme dans tous les villages il y a de vieilles histoires déformées par le temps et les ragots, des rancunes tenaces, des surnoms lancés à tour de bras qui vont jusqu'à faire oublier le vrai patronyme des gens, etc... Alors même que nous arrivons au Val, nous avons donc le sentiment d'être de vrais étrangers en visite dans un endroit dont ne nous connaissons rien. Au fil des jours nous apprenons donc à découvrir les individus qui vivent là, notre perception déformée par celle de Carole et les rumeurs et rancunes, comme si nous étions réellement présents à ses côtés. Si cela donne un vrai intérêt au récit, c'est une particularité qui rend donc les débuts du roman laborieux.

Le style d'écriture contribue également à cela puisqu'il demande un certain temps d'adaptation. Les phrases sont courtes, presque décousues, et ça ne fait que renforcer la frustration de l'inconnu dont je parlais précédemment. Et pourtant, en fin de compte, tout cela se révèle bien dégoupillé puisque, comme pour le lieu et les personnages, nous finissons par nous y habituer alors même que Carole elle-même se réhabitue à la vie au Val. Alors même que beaucoup de romans reposent sur l'attachement du lecteur envers les personnages, c'est plutôt l'accoutumance qui fonctionne le mieux dans Une part de ciel.

Cependant je n'ai pas su m'intéresser plus que de raison à Carole, la narratrice. C'est une femme qui sort d'un divorce, dont les filles sont parties faire leurs vies, et qui ne sait plus trop qu'attendre de la vie. C'est un personnage totalement spectateur des événements, que ce soit dans le Val ou dans sa propre vie. Elle semble détachée de tout et cela peut parfois devenir frustrant. Au final je pense que c'est le village lui-même qui est le personnage le plus marquant de ce roman. Reculé et presque hors du temps, il est facile de s'y perdre. On se surprend à attendre les apparitions de la serveuse du bar de Francky, les discussions avec le vieux Sam, etc...

En contrepartie de cela il y a le manque de rythme et les longueurs qui sillonnent peut-être trop le roman. Si le rythme lent s'adapte bien à ce village figé dans le temps, les longueurs deviennent parfois gênantes. Il y a pas mal de répétitions dans les aléas de la vie au Val, et ces longueurs qui se réitèrent encore et encore ennuient. La fin est quant à elle plutôt décevante et donne une vraie sensation d'inachevé. En ce qui me concerne j'ai eu le sentiment que la boucle n'était pas bouclée et que tout cela se terminait de manière un peu trop abrupte. Le cordon avec le village est coupé d'un coup sec qui nous laisse presque un peu hébété. De plus les promesses de révélations faites dans le synopsis du roman n'ont pour ma part pas été totalement tenues. Je m'attendais à des issues et problèmes soulevés bien différents ce qui a encore un plus renforcé ce sentiment d'inaccompli.

Pour conclure, Une part de ciel est un roman qui se lit surtout pour la découverte de ce village singulier auquel on apprend à s'attacher. Entre non-dits, quotidien, et espérances, l'histoire se déroule avec lenteur et une certaine répétitivité. Il ne faut donc pas attendre de cette lecture de l'action ou de grandes révélations, mais plutôt accepter de prendre le temps de découvrir le Val-des-Seuls et ses habitants.

Note : ★★★☆☆
Merci à PriceMinister-Rakuten pour la découverte de ce roman gràce aux Matchs de la rentrée littéraire 2013 !

6 commentaires:

  1. Ta chronique résume juste parfaitement le roman ! Rien à y redire :)

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  2. Je suis en train de le lire et suis actuellement assez mitigée.

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    1. Je comprend ton sentiment, j'ai été mitigée sur certains points également.

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