mardi 30 décembre 2014

Retour à Little Wing

Titre original : Shotgun Lovesongs
Éditeur français : éditions Autrement

Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l'âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d'autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo. Une chose les unit encore : l'attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd'hui, l'heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c'est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute...


Retour à Little Wing met en scène une bande d’amis d’enfance, ayant atteint la trentaine, et qui malgré les chemins très différents qu’ils ont pris dans la vie se retrouvent toujours inexplicablement attirés par la ville du Wisconsin de leur enfance. Au fil du roman on peut donc découvrir Lee, celui qui a quitté Little Wing pour devenir une rock star, Hank, devenu éleveur/agriculteur et marié à son amour de jeunesse Beth, Ronny, une ancienne star du rodéo qui souffre de dommages cérébraux qui le laissent mentalement diminué, et Kip, celui qui est devenu trader à Chicago avant de revenir à Little Wing avec un bel ego pour racheter la fabrique locale et en faire un lieu hype.

Globalement j’ai plutôt bien apprécié les personnages, malgré qu’à mon sens on reste un peu dans le cliché évident. Hank, l’éleveur, est le stéréotype parfait du bon mec de petite ville. Il est droit, loyal, et foncièrement gentil. Il aime sa femme, ses enfants, et accepte ses amis quand ils reviennent en ville avec beaucoup de simplicité. Ronny, celui qui est donc mentalement diminué suite à un accident provoqué par un abus d’alcool, nous touche forcément par sa candeur sur laquelle on pose un regard assez attendri. Finalement même Kip peut nous être sympathique, malgré le fait que son côté un peu prétentieux agace. Il veut absolument montrer aux autres à quel point il a réussi, au point d’être parfois insensible, envers Ronny notamment puisque ce dernier ne cadre pas avec l’image parfaite que Kip souhaite renvoyer, mais malgré tout on peut comprendre son intention. Surtout quand on sait que le dernier larron du groupe est une rock star, symbole ultime de la réussite. Après tout peu importe que Kip ait réussi dans la finance à Chicago avant de revenir à Little Wing pour transformer un endroit abandonné en lieu branché, c’est forcément Lee qui aura le plus réussi, non ? Ce dernier est d’ailleurs le stéréotype exact qu’on peut imaginer du mec de la campagne qui réussi en musique mais reste “un mec normal”. Personnellement je l’ai trouvé un peu insensible et détaché de ses amis, malgré le fait qu’il fasse beaucoup pour Ronny par exemple. J’avais parfois un peu l’impression que cela lui permettait de donner l’impression qu’il était encore des leurs, mais force est de constater qu’il a du mal à intégrer que ses actions ont des conséquences sur ses amis quand il vient à Little Wing. Il repart vers sa vie de rock star et laisse les autres vivre avec les conséquences de ses choix, ses actions, ses mots.

Puisque j’ai évoqué Lee, je dois dire que j’ai été assez surprise de voir que son personnage était inspiré par une personne bien vivante et réelle. En effet si l’auteur précise bien que le personnage de Lee Sutton, aka Corvus, n’est pas Justin Vernon, aka le leader de Bon Iver, il ne cache pas qu’il s’est complètement inspiré de la rock star, qui est originaire de la même bourgade du Wisconsin que lui, pour créer son héros. (Pour ceux qui connaissent pas Bon Iver, la chanson Skinny Love qui a été rendue populaire par Birdy est d’eux à la base). 

Néanmoins si j’ai bien aimé les personnages dans leur ensemble, malgré leur côté unidimensionnel, j’ai eu du mal à réellement me passionner pour le récit. Le rythme est assez lent et l’écriture de l’auteur n’a pas vraiment su m’emporter. Ma lecture fut dont assez laborieuse par moment et si j’ai bien aimé le postulat de départ de cette histoire, je n’ai pas réellement été convaincue par son exécution. Je pense également que le fait que Lee soit au centre du roman n’a pas aidé mon cas puisque, comme je l’ai évoqué, c’est un personnage qui ne m’a pas été forcément sympathique. Le côté “rock star qui revient toujours vers sa ville d’enfance malgré son succès” n’a pas marché en ce qui me concerne et j’ai eu du mal à le voir comme une qualité rédemptrice de ce protagoniste.

Ainsi on peut dire que Retour à Little Wing n’a pas réellement opéré sa magie sur moi. Si l’idée d’une bande de trentenaire originaires d’une petite ville y revenant après avoir pris des chemins bien différents me plaisait, l'exécution n’a pas su me séduire. La prose de Nickolas Butler m’a laissée stoïque, j’ai d’ailleurs trouvé que toutes les voix narratives se ressemblaient, et je ressors donc de cette lecture avec un avis en demi-teinte.

Note : ★★★☆☆
Merci à PriceMinister-Rakuten pour la découverte de ce roman grâce aux Matchs de la rentrée littéraire 2014 !

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