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mardi 6 octobre 2015

7 Secondes

Titre original : Seven Second Delay
Éditeur Français : Lumen

Après un éprouvant voyage à travers un continent ravagé par la guerre civile, Mila a enfin atteint son but : les Îles. Elle espère se construire une nouvelle vie dans ce havre de paix, dont les habitants vivent tous avec une puce téléphonique à l’intérieur de la tête. Personne ne manque de rien, au point qu’on ne travaille que si on le souhaite. Mais pendant qu’on implante à la jeune fille, comme à tout un chacun, un téléphone personnel, on découvre un élément étranger à l’intérieur de son crâne… un appareil qui ressemble étrangement à une bombe !

Mila n’a plus le choix, elle doit fuir. Elle se retrouve pourchassée par tous les Agents du pays – à commencer par Adam, l’homme assigné depuis le début à sa surveillance, qui, grâce à la puce en question, peut voir par ses yeux et suivre ses moindres faits et gestes. Il ne se prive pas d’essayer de la raisonner. Mais Mila est bien décidée à exploiter son seul avantage : un décalage de sept secondes dans la retransmission. Sept toutes petites secondes d’avance sur ses poursuivants, et sept seulement, pour tenter d’échapper à l’implacable traque et de découvrir ce que fait cet objet étranger dans son cerveau. Qui l’a mis là ? Et pourquoi ?

Je ne vais pas tourner autour du pot cent ans, j'ai un ressenti assez mitigé sur 7 Secondes. Parce que s'il y a des choses que j'ai trouvé franchement sympas, y'en a d'autres qui ont beaucoup contribué à cet avis en demi-teinte.

Parmi les éléments qui m'ont plu il y a le concept de cette dystopie qui, hasard du calendrier, fait particulièrement écho à des événements et débats qui secouent actuellement notre société. En effet dans 7 Secondes le monde développé est en grande partie dévasté par les guerres et la famine. Pourtant un eldorado subsiste au milieu de toute cette horreur : les îles. Des îles synonymes de havre de paix que certains sont prêts à tout pour rejoindre et y rester. On ne peut donc que faire le rapprochement avec les migrants fuyant des pays dévastés par la guerre afin de rejoindre l’Europe occidentale à n'importe quel prix et qui sont au cœur de tous les débats politiques et sociaux. Personnellement c'est donc un parallèle qui m'a interpellée et qui, je trouve, permet d'ancrer la dystopie dans une vraie réalité. C'est d'ailleurs le propre de toute bonne dystopie que de savoir refléter et exacerber les faits et travers de notre société.

Néanmoins, au-delà de la bonne base de cette dystopie, j'ai beaucoup moins accroché au reste. En effet j'ai été très déstabilisée par le rythme du récit et je crois que ce dernier est devenu mon principal ennemi au fil des pages. D'ailleurs cela a commencé avec un début paradoxalement trop rapide et laborieux à la fois. On entre sans attendre dans le vif du sujet, au risque d'être un peu perdu, et pourtant on a réellement l'impression de faire du sur-place pendant une bonne centaine de pages. Si sur le coup cela m'a étonnée, et a rendu mon début de lecture un peu compliqué, j'avais encore bon espoir qu'une fois l'action lancée je rentre totalement dans le rythme, après tout les bases du roman étaient supers et il n'y avait donc pas de raison que je reste à côté... Malheureusement j'ai l'impression qu'en ratant le coche dès le début il est compliqué d'entrer dans l'histoire par la suite. Le problème c'est que le rythme inégal est plutôt récurrent dans le récit avec des passages presque trop rapides qui affrontent d'autres terriblement laborieux. A mon sens il y avait un juste milieu à trouver et qui m'a réellement manqué.

De plus, et je ne sais pas si cette sensation de rythme haché à joué sur cet élément, mais je n'ai jamais réussi à m'attacher aux personnages. L’héroïne incluse. J'ai vraiment pas réussi à cerner Mila, à avoir la sensation de la connaître, et quand on sait que l'attention est particulièrement focalisée sur elle ça en dit long sur ce que j'ai pensé des autres personnages. Déjà que je n'ai pas réussi à m’immiscer dans le rythme du récit, le fait que tous les personnages m'aient été si distants n'a donc fait que renforcer cette impression de survol.

Ainsi je suis totalement passée à côté de 7 Secondes et j'en ai eu conscience tout au long de ma lecture. J'avais pourtant de grands espoirs pour cette dystopie d'actualité et son concept, néanmoins mes espoirs ont vite été mis à mal par un rythme inégal qui n'a décidément pas su m'emporter. Pourtant si je laisse de côté ce problème, après tout ce qui fait qu'on entre ou non dans une histoire reste très subjectif, je pense qu'on peut au fond passer un moment vraiment sympa avec ce roman. D'où mon ressenti très mitigé et ma note moyenne. En fait c'est ça le truc avec 7 Secondes : si vous accrochez vous allez kiffer à 200% les péripéties de Mila, par contre si vous ratez le train de départ cette lecture ne vous laissera certainement pas un souvenir impérissable.

Note : ★★★☆☆ (2.75)

Merci à Emily et aux éditions Lumen pour cet envoi.

3 commentaires:

  1. Moui alors à sa sortie j'étais emballée et puis je ne sais pas, le temps a passé, j'ai lu des avis positifs et d'autres comme le tien et pour ma part c'est retombé comme un soufflet du coup ça sera non pour moi ;)

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  2. Je le lirai seulement si j'ai la possibilité de l'emprunter parce qu'il ne me tente pas plus que ça ^^

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  3. C'est d'ailleurs le propre de toute bonne dystopie que de savoir refléter et exacerber les faits et travers de notre société. > Bien dit !
    Dommage pour la rythmique inégale :/

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❤️